"PAS LA FIN DU MONDE" :
Menni Jab transforme l'urgence en espoir
Il y a des projets qui arrivent pile au bon moment. Des disques qui mettent des mots sur ce qu’on ressent confusément, assis au fond du canapé, face aux infos qui défilent. Pas la fin du monde, le deuxième EP de Menni Jab, sorti le 6 février 2026, c’est exactement ça. Un projet qui refuse de céder à la panique, qui choisit l’action plutôt que la paralysie. Une bouffée d’air frais dans un monde qui en manque cruellement.
Je suis Menni Jab depuis un moment maintenant, et voir naître ce nouveau projet, c’est assister à quelque chose de rare : un artiste qui grandit sans se renier, qui trouve sa voix en restant fidèle à ses combats.
Menni Jab : du costume-cravate au gilet rose fluo
L’histoire de Menni Jab, c’est d’abord celle d’un choix radical. Quitter son métier d’ingénieur à Bordeaux pour se consacrer entièrement à la musique. Pas le chemin le plus facile, mais certainement le plus sincère. Et ça s’entend dans chaque morceau.
Son truc ? Mélanger rap mélodieux, pop rétro et sonorités électro sans jamais chercher à rentrer dans une case. Quelque part entre Orelsan, Disiz et Lujipeka, avec une patte bien à lui. Des influences qui vont de Stromae à Brassens, de Barbara à des artistes plus contemporains. Un mélange qui pourrait sembler bancal sur le papier, mais qui fonctionne à merveille dans sa musique.
Après Merci pour les roses, son premier EP remarqué, plusieurs tremplins remportés et une tournée d’une quarantaine de dates, Menni Jab s’est imposé comme l’une des voix montantes de la scène émergente du Sud-Ouest. Et c’est bien sur scène qu’il prend toute sa dimension : un live ultra efficace et généreux, où l’énergie contagieuse et la sincérité créent une vraie connexion avec le public.
Pas la fin du monde : transformer l'angoisse en moteur collectif
Face à l’état du monde et à l’angoisse qui peut saisir au fond du canapé, Menni Jab choisit de répondre par la musique. Pas la fin du monde est un EP de 8 titres où le rappeur bordelais transforme l’inquiétude en moteur collectif.
À travers des textes poétiques et lucides, il évoque ce qui nous unit encore : la solidarité, l’espoir, l’amour et la responsabilité envers la planète et les autres. Sans nier l’urgence ni les fractures, il rappelle que tant qu’on se bat, qu’on s’entraide et qu’on continue d’espérer, ce ne sera jamais « la fin du monde ».
Menni Jab ne se contente pas de décrire : il interroge, il connecte, il invite à agir. Il ne nie rien, il regarde ce qui nous pèse — les fractures sociales, l’urgence climatique, l’angoisse diffuse — mais il le fait avec ce petit supplément d’humanité qui donne envie de se lever, de se battre, de s’entraider.
Le titre éponyme en est le cœur battant : un morceau d’espoir face à l’urgence, un appel à rester debout, ensemble. Porté par un rap mélodieux aux accents de pop rétro, le projet mêle refrains accrocheurs et couplets rappés, avec une écriture sensible et ciselée. Et pour tout avouer c’est ce qui m’a fait craquer.
Un projet engagé qui passe à l'action
Ce qui rend Pas la fin du monde particulièrement fort, c’est qu’il ne se contente pas de parler. L’engagement va au-delà des paroles.
Le clip du titre éponyme, est réalisé en partenariat avec des associations qui œuvrent pour la protection des océans et des personnes : Music 4 Planet, Surfrider, Wings Of The Ocean, et SOS Méditerranée. Avec la mer comme fil conducteur, le clip illustre la nécessité et la possibilité d’agir pour un monde meilleur.
Le morceau pourrait même devenir un véritable hymne d’espoir pour ces combats. Pas un de ces titres militants qui prêchent ou culpabilisent, mais un appel sincère à l’action collective.
Ce que j’aime particulièrement, c’est que l’engagement ne reste pas un discours artistique isolé, il se connecte à des actions concrètes, à des initiatives qui font déjà bouger les lignes.
Une esthétique entre lucidité et couleurs
Visuellement, le projet est une claque. La cover de l’EP, réalisée par Edouxhard et Glus, plante un décor surréaliste et onirique : cascades luxuriantes, papillons géants roses, nature exubérante. Un paradis fragile qui rappelle à la fois sa beauté et sa fragilité.
Cette esthétique se retrouve aussi dans les singles déjà sortis :
- « La vie de tous les jours » : une réflexion sur le quotidien et ses routines
- « Cinétique » : l’énergie du mouvement
- « T-shirt rouge » (un de mes préférés) : quand l’amour recolore la vie
Ce que j’aime profondément dans l’univers de Menni Jab, c’est cette capacité à parler de sujets graves – l’environnement, la santé mentale, le monde du travail – sans jamais tomber dans le moralisme ou la noirceur totale. Il y a toujours une fenêtre ouverte, une lumière au bout du tunnel.
Un parcours qui impose le respect
Depuis Merci pour les roses en 2023, Menni Jab n’a cessé de tourner et de se produire sur scène. Des premières parties de Bagarre, Peet ou Oldelaf, des passages dans des festivals comme Musicalarue (aux côtés de Mika et Zaho de Sagazan), Bordeaux Fête le Vin, ou encore le Festival Ouvre La Voix.
La nouvelle tournée 2026 promet d’être encore plus intense, après les deux « release party » à Bordeaux et Paris les 5 & 12 février.
Les associations partenaires du projet seront présentes lors des deux release parties, pour prolonger l’engagement au-delà de la musique.
Pas la fin du monde… mais un nouveau départ
C’est un projet qui arrive à un moment où on a besoin d’entendre que tout n’est pas foutu.
Il prouve qu’on peut faire de la musique engagée sans être ennuyeux.
Il montre qu’on peut parler d’écologie et de solidarité sans donner de leçons.
Menni Jab incarne une nouvelle génération d’artistes qui refusent de choisir entre le message et la forme, entre la sincérité et l’efficacité.
Ces valeurs et messages ont forcément fait aussi écho aux miennes, que j’insuffle aussi dans Inkluzik.
Pas la fin du monde, c’est un projet profondément humain, qui parle d’aujourd’hui pour mieux regarder demain. Un disque qui accompagne celles et ceux qui veulent continuer à y croire, qui refusent le fatalisme, qui croient encore à la force du collectif.
Dans un paysage musical français parfois formaté, Menni Jab trace sa route avec une authenticité désarmante. Son rap-pop coloré, ses textes ciselés, son engagement sincère : tout ça fait de lui un artiste à suivre de très près.
Et franchement, si ce deuxième EP est une indication de ce qui nous attend, on n’a pas fini d’entendre parler de lui.
Menni Jab ne prédit pas la fin du monde.
Il construit l’espoir.
Et clairement, on en a bien besoin.
À retenir
- Pas la fin du monde est le 2ème EP de Menni Jab, après Merci pour les roses (2023)
- Un projet rap-pop qui mêle engagement écologique et message d’espoir
- 8 titres qui parlent de solidarité, d’environnement et d’action collective
- Partenariat avec Music 4 Planet, Surfrider, Wings Of The Ocean, et SOS Méditerranée
- Sortie le 6 février 2026 en vinyle et sur toutes les plateformes

