BETTER OFF THIS WAY :
le premier album de Damantra, taillé pour la route
Avec « Better Off This Way », le quatuor toulousain Damantra signe un premier album aussi ambitieux que sincère : dix morceaux de blues rock psyché façonnés à la main, au sens propre du terme. Un disque qui sent le live, le grain de vinyle et la liberté retrouvée.
Un disque qui regarde les 70’s droit dans les yeux… sans jamais s’y enfermer.
Qui est Damantra ?
Originaire de Toulouse, Damantra revendique un blues rock psyché inspiré par Rival Sons, Wolfmother et Blues Pills. Le groupe, c’est Mélanie Lesage au chant, Virgile Jennevin à la guitare, Robin Fleutiaux à la basse et aux claviers, et Rémi Fournier à la batterie. Quatre musiciens qui n’ont pas connu les années 70 mais les portent en eux comme une seconde nature.
Leur trajectoire, c’est d’abord celle d’un groupe de scène.
Plus de 120 dates en France et en Espagne, des passages remarqués à La Boule Noire, Le Bikini, Paloma, Le Moloco, et une ouverture pour Sting au festival Guitare en Scène.
Deux EPs au compteur : « Jekyll & Hyde » en 2020 et « Comet » en 2023, avant de se lancer dans la grande aventure du long format.
Mais ici, pas question de rejouer une époque. Le groupe s’empare de l’esthétique 60/70’s pour parler d’aujourd’hui : bouleversements technologiques, tensions géopolitiques, luttes sociales, quête d’identité.
Un album né d'une obsession : tout faire soi-même
Ce qui frappe d’abord, c’est la démarche. Damantra a enregistré ce premier long format entre le Studio Capitole à Toulouse et une maison perdue quelque part dans les Pyrénées. Jusque-là, classique. Sauf que…
- Les instruments ? Faits maison.
Guitares, basse, claviers, pédales d’effets, amplis : fabriqués par le groupe. - Le mix ? Réalisé par Robin Fleutiaux.
- L’artwork ? Conçu en interne à partir d’une photo de Tristan Boscquet.
Le résultat est brut, organique, intensément live. On sent le grain, les aspérités, les respirations. Comme un film Super 8 un peu tremblant mais profondément sincère.
Le titre de l’album prend alors tout son sens : Better Off This Way. C’est mieux comme ça. Sans filtre inutile. Sans compromis.
Un road movie introspectif en 10 titres
Better Off This Way se déroule comme un road movie introspectif, porté par l’obsession du groupe : tout envoyer valser pour tracer sa propre route.
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“Reach Out For Me”
Ambiance plus mélancolique, presque floydienne (clin d’œil évident à Pink Floyd). Le morceau invite à tendre la main quand la colère déborde. C’est introspectif, sensible, intense.
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“Slow It Down”
Premier single, lance toutes fuzz hurlantes un blues rock taillé pour la route. Un road movie à la Tarantino qui nous incite à ralentir, savourer le voyage, et comprendre que rien n’arrive par hasard.
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“The Game”
Explore la confrontation entre confiance et trahison, comme une partie dans un casino où chaque décision peut tout détruire. La tension laisse progressivement place au groove, avec une guitare qui tire dans les graves. -
“Big Girl”
À trente ans, on est censé·e être “installé·e”. Vraiment ? Damantra démonte les injonctions sociales et familiales dans un titre qui parle identité, liberté et affirmation de soi. Chanté à plein poumons, moteur allumé.
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“Sweet Little Girl”
Entièrement enregistré en live, ce morceau met en scène une mère qui murmure à sa fille les réalités d’un monde inégalitaire. C’est doux, frontal, profondément humain.
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“Deep Into My Eyes”
Ballade épique où la vulnérabilité flirte avec un solo final lumineux. On pense à la tension émotionnelle chère à Radiohead. Une pièce centrale du disque.
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“Let Go”
Un uppercut libérateur. Lâcher prise, affronter ses voix intérieures, avancer sans rétroviseur.
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“Jekyll and Hyde (Alternate Version)”
Surprend dès l’intro, avec un air de clavier frôlant les années 80 avant d’entrer dans une transe chamanique. La dualité de chaque être humain, sa part sauvage et lumineuse, y est mise en musique avec une cohérence troublante.
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“Mr Woop Woop”
Parenthèse plus décalée, aux accents punk rock western. Une ode à l’excentricité et à l’indépendance : vivre selon ses propres règles, et tant pis pour les regards.
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“I’ve Been”
Clôture introspective, presque bluesy, qui se termine sur une affirmation puissante : “I will love myself.” Tout est dit.
Une esthétique visuelle aussi soignée que le son
Sur scène, Damantra évolue dans un décor fait de vieilles radios bricolées et de lampes à pétrole électrique. L’affiche Super 8 de l’artwork, la pochette lumineuse en plein champ de colza, la typographie seventies : chaque détail visuel est une extension du son. L’expérience est totale, immersive, presque cinématographique.
Comme ils le résument eux-mêmes : « On n’essaye pas de rejouer cette époque, mais plutôt de l’inscrire dans notre temps. » Et face au monde actuel ( bouleversements technologiques, IA, tensions géopolitiques), le parallèle avec les années 70 s’impose de lui-même.
Better Off This Way : un premier album qui ne triche pas
Ce qui frappe à l’écoute de Better Off This Way, c’est l’absence totale de cynisme. Pas de posture, pas de références plaquées. Juste quatre musiciens qui croient profondément en ce qu’ils font, qui ont mis les mains dans le cambouis pour faire exister leur vision, et qui livrent un disque sincère, organique, taillé pour le live.
Au-delà des influences, Better Off This Way parle surtout d’émotions brutes : colère, frustration, précipitation, résilience. Le groupe déconstruit les carcans, questionne les héritages, explore la part d’ombre et la lumière en chacun·e de nous.
Ce premier album capture ce vertige générationnel : vouloir tout envoyer valser pour tracer sa propre route.
Le résultat est un flower power bien rentre-dedans, où la chanteuse Mélanie Lesage s’impose dans un univers de mâles et de débrouilles, avec une qualité de son qui surprend pour un projet entièrement auto-produit.
Avec Better Off This Way, Damantra ne cherche pas à séduire à tout prix. Le groupe choisit l’authenticité, le fait-main, l’intensité. Et dans un paysage musical souvent calibré, ça fait du bien.
📌 A Retenir
- « Better Off This Way » est le 1er album de Damantra
- Blues rock psyché
- En total DIY
- 10 titres explorаnt le lâcher prise, l’identité, la résilience et la liberté
- À écouter en road trip
Merci à NRV Promotion

