SOLEIL NOIR :
Premier Métro sonne l'alerte
J’ai découvert Premier Métro il y a quelques années maintenant, et le groupe a rapidement trouvé sa place dans la playlist Single Out d’Inkluzik, pas une fois, mais à plusieurs reprises.
Il faut dire que ces 4 Parisiens ont quelque chose que peu de groupes de leur génération possèdent : une capacité rare à faire danser tout en parlant de choses sérieuses. Avec Soleil Noir, sorti le 20 mars 2026, Premier Métro franchit un cap. Celui d’un groupe qui n’a plus envie de détourner les yeux.
Soleil Noir, un single qui fixe l'époque en face
« Il fait jour, mais il est tard ». C’est le slogan que Premier Métro a choisi pour accompagner ce nouveau titre, et il dit tout. Soleil Noir n’est pas un morceau confortable. C’est une alerte rock, tendue, directe, qui parle de haine décomplexée, de murs qui s’érigent, de violence qui se banalise. De ce moment étrange où l’on voit venir quelque chose de sombre sans encore tout à fait réaliser qu’il faut agir.
Les paroles sont saisissantes de précision : dans la rue, ça vire au noir et blanc, la haine trouve un écho, le bruit des bottes sur les trottoirs. Le narrateur confesse, presque honteux : « J’étais sur mon tel, j’étais occupé / J’les ai pas entendu arriver. » C’est cette culpabilité de l’inattention qui fait mouche, celle que beaucoup d’entre nous ressentent face à la montée de l’extrémisme.
Musicalement, le groupe affirme sa mue. Héritage assumé de New Order et Depeche Mode, mais avec une énergie plus brute, plus rock, plus urgente. Les synthés sont là, mais ils ne font plus danser légèrement : ils grondent. Le refrain est imparable, anthémique, le genre qu’on chante à pleine voix lors d’un concert en serrant les poings.
Un clip tourné dans la chapelle Reille :
entre sacré et combat
Le clip, réalisé par Klement Hucault, a été tourné dans la chapelle Reille à Paris. Le résultat est saisissant : des vitraux colorés, de la brume, des lumières rouges qui envahissent l’espace. Une esthétique qui oscille entre le sacré et le cauchemar, et qui rappelle, selon les propres mots du groupe, les meilleurs épisodes de Buffy contre les vampires. Il va falloir se battre pour faire reculer les ombres.
Ce cadre n’est pas un hasard. Dans une chapelle, on ne fuit pas. On se recueille, on résiste, on se prépare. Le décor dit ce que la chanson dit : l’heure n’est plus à la fuite ni à l’insouciance. Le soleil noir monte. Qu’est-ce qu’on fait ?
Premier Métro : un groupe qui grandit sans se perdre
Ce qui est remarquable dans le parcours de Premier Métro, c’est la cohérence de leur trajectoire. Repérés en 2022 à Culturebox et We Love Green avec La Nuit, premier single aux sonorités 80’s, ils ont progressivement élargi leur palette vers des territoires plus rock, plus politiques, sans jamais perdre cette capacité à fédérer. Lauréats du tremplin Road to the Main Stage de Rock En Seine, ils ont ensuite rempli le Nouveau Casino et la Boule Noire en sold out à Paris.
Leurs morceaux sont travaillés avec Tristan Mazire, producteur qui a œuvré pour Grand Corps Malade, les Béruriers Noirs ou Nikola, une filiation qui dit quelque chose sur l’ambition du groupe : ancrer la pop dans le réel, ne pas s’en extraire. Soleil Noir s’inscrit dans cet élan, et annonce un premier album prévu pour 2026 que j’attends avec une impatience certaine.
Une chanson qui arrive au bon moment
Soleil Noir arrive au bon moment, et pas seulement sur le plan musical. Dans une époque où beaucoup d’artistes préfèrent rester dans des zones neutres, Premier Métro choisit de nommer les choses : la montée des fascismes, la banalisation de la haine, notre propre passivité parfois. Et ils le font sans didactisme, sans posture, avec la puissance d’un bon refrain qui reste en tête longtemps après la fin du morceau.
C’est ce que j’aime dans ce groupe depuis le début : ils font de la pop qui pense. Et avec Soleil Noir, ils en font aussi de la pop qui résiste.
À retenir
- Soleil Noir : 1er single extrait du 1er album de Premier Métro, attendu en 2026.
- Un titre rock engagé sur la montée de l’extrémisme et la banalisation de la haine.
- Un clip signé Klement Hucault, tourné dans la chapelle Reille à Paris.
- Un groupe qui soutient Inkluzik depuis le début.
- À écouter fort. Et à partager encore plus fort.

